Les sept vies de l'église du François

Les sept vies de l’église du François !


C’est en 1694 qu’est édifié le François. Le lieu se nomme « cul-de-sac » car c’en était un. Sur cette

terre vierge et hostile, l’Eglise catholique décide de fonder une paroisse, c’est-à-dire des habitations

régies par un curé. Non seulement, la paroisse était évidemment un lieu de culte, mais aussi l’endroit

où était notifié naissance et décès, mariages, tout ce qui faisait la vie des habitants. Le François était

né.


De la paille à la construction parasismique

La première église Saint Michel est faite de paille, de roseau, le tout « collé » par de la terre. C’est

Jean-Baptiste Labat, le Père Labat, missionnaire volontaire pour venir porter la parole catholique aux

Antilles, qui la fonde. Bien sûr, cette première construction ne résiste pas au climat tropical ! En

1726, elle est remplacée par une église en bois. Qui ne résiste pas plus…. Alors, en 1814, elle est

reconstruite. La ville grandissant, l’église est alors jugée trop petite, et est donc re-reconstruite en

1855.

Le 18 août 1891, un cyclone s’abat sur la Martinique emportant dans son sillage l’église Saint Michel.

Ce sera Henri Picq, l’architecte de la Mairie, construite la même année, qui l’édifiera à partir de 1893.

Cet architecte d’origine métropolitaine avait saisi parfaitement les forces et les contraintes du climat

antillais et construisit quelques magnifiques bâtiments que l’on admire et visite encore aujourd’hui,

comme la Bibliothèque Schœlcher de Fort-de-France. Le 28 avril 1897, la cinquième église Saint-

Michel est bénite et ouvre ses portes.

Mais, dans la nuit du 26 au 27 septembre 1973, des franciscains voient jaillir des flammes du clocher.

En quelques heures, l’incendie, visible à des kilomètres aux alentours, emporte leur église.

Cinq ans plus tard, les ruines sont enfin rasées. Et en 1986, un autre architecte métropolitain, Marc

Alie dessine une nouvelle église, avant-gardiste, qui suscite de nombreux débats.

Debbye, la tempête de 1994 met tout le monde d’accord en ravageant l’œuvre futuriste.

L’actuelle église tient le coup depuis 2011. Elle est un savant mélange de passé et de futur, pierre,

terre cuite, bois, pierre, acier, cuivre la composent. Et bien sûr, elle est construite selon les règles

parasismiques en vigueur.

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